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Dégradations, rodéos, incivilités : l'exaspération monte, nous demandons une vraie stratégie

Publié le 12 juin 2026Par Simon MARTY

Dans la nuit du 6 au 7 juin, Fay-de-Bretagne a connu une vague de dégradations d'une ampleur rare, des abords du Crédit Agricole jusqu'aux écoles. Le car scolaire de la ligne 30, stationné devant l'école privée Saint-Martin, a été mis hors d'usage, avec pare-brise tagué, plaques arrachées et phares abîmés, au point que des familles se sont inquiétées pour le transport de leurs enfants. L'école publique, le terrain de pétanque, le skatepark, le local Fay Sport Nature, l'abri de l'aire de covoiturage, le local des infirmières, des façades, des volets roulants de particuliers, des boîtes aux lettres et au moins un véhicule ont aussi été touchés. La municipalité fait par ailleurs état d'une agression.

Des croix gammées, une atteinte intolérable

Des croix gammées ont aussi été taguées et photographiées par des habitants. Ce n'est pas un tag de provocation parmi d'autres : ce symbole marque un cap par rapport à ce que Fay a l'habitude de connaître. Il n'a pas besoin d'une enquête pour être nommé, il est une atteinte intolérable à notre histoire et à nos valeurs, et nous le condamnons fermement et sans la moindre réserve. Il reviendra à la justice d'en identifier les auteurs et de qualifier les faits.

Une exaspération qui s'accumule

Nous saluons la réaction de la commune, qui a condamné ces actes, déposé plainte et mobilisé ses agents pour tout remettre en état. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de Fayens ont exprimé leur lassitude. Nous la comprenons, et nous la partageons. Sur un tel sujet, une information rapide et transparente fait aussi partie de la réponse attendue.

Car ce n'est pas un épisode isolé. Les cars scolaires, en particulier, sont visés à répétition : en novembre dernier, les vitres de trois d'entre eux avaient été brisées, comme celles de huit abribus et de plusieurs voitures, et leurs réservoirs ont été siphonnés à plusieurs reprises ces derniers mois. S'y ajoutent des rodéos urbains, de jour comme de nuit, qui empêchent certains habitants de dormir, et des boîtes aux lettres dégradées à répétition. D'autres rappellent avoir alerté la mairie il y a plusieurs années, en s'entendant répondre qu'un projet de caméras était en cours. Cette accumulation explique l'exaspération qui s'exprime aujourd'hui, et elle est légitime.

Les caméras seules ne suffiront pas

Sur les caméras, soyons honnêtes avec les Fayens. Pendant la campagne, nous n'avons jamais défendu les caméras seules : nous proposions de les associer à une présence humaine, avec une police municipale. Car une caméra ne règle pas tout. Son utilité dépend de la façon dont elle est exploitée, et elle ne remplace ni la prévention, ni le lien avec la gendarmerie. La vraie question n'est donc pas seulement « pour ou contre les caméras ». Le projet, lui, est déjà voté : inscrit au budget depuis 2023, avec 60 000 € reconduits en 2026. Nous demandons donc où en est ce projet, et surtout dans quelle stratégie d'ensemble il s'inscrit, car des crédits votés sans plan cohérent ne suffiront pas.

Nos questions pour le conseil du 17 juin

Pour que ces questions ne restent pas des mots sur les réseaux sociaux, nous les avons adressées par écrit à la mairie, afin qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour du conseil municipal du 17 juin et consignées au compte rendu. Nous y porterons aussi le carrefour de l'église Saint-Martin, au croisement de la D15 et de la D16, où plusieurs habitants signalent la dangerosité du stop, faute de visibilité côté Bouvron. Nous y redéfendrons une mesure simple que nous proposions déjà en campagne, l'installation d'un miroir sur l'église, en attendant une reprise complète du carrefour et de son marquage avec le Département. Le président du Conseil départemental s'est d'ailleurs rendu à Fay il y a quelques jours : nous demanderons si ce carrefour, qui dépend aussi du Département, a été évoqué à cette occasion.

Nous l'avons dit pendant la campagne, nous le redisons aujourd'hui : la sécurité et la tranquillité du quotidien ne sont pas des sujets que l'on remet à plus tard. Nous resterons attentifs, et nous rendrons compte aux Fayens de la réponse qui sera apportée.