Sécurité, incivilités, carrefour de l'église : nos questions au conseil du 17 juin, et les réponses de la majorité
Après la vague de dégradations du week-end du 6 au 7 juin, nous avons saisi le conseil municipal du 17 juin de deux sujets de sécurité du quotidien. Nous avons fait le choix de la voie institutionnelle : deux questions écrites, posées en séance et consignées au compte rendu, plutôt que le seul commentaire sur les réseaux sociaux. Nous partageons en effet l'idée qu'il ne faut pas surréagir à chaud. C'est précisément pourquoi nous avons préféré poser des questions précises et opposables. Voici ce que nous avons demandé, ce que la majorité a répondu, et notre regard.
Dégradations et caméras : un projet suspendu, tout renvoyé aux comités citoyens
Nous avons demandé où en était le projet de vidéoprotection, voté et budgété depuis 2023, quelle stratégie d'ensemble de prévention la commune comptait mettre en œuvre, et quelles démarches étaient engagées contre les rodéos urbains.
La majorité a d'abord condamné ces actes, salué la réactivité des agents, qui ont notamment nettoyé les écoles avant l'arrivée des enfants le lundi matin, et rappelé son travail étroit avec la gendarmerie, avec la présence sur le secteur d'une brigade mobile. Point important : les auteurs présumés, des jeunes, ont été identifiés, la suite relevant désormais de la justice. Sur les caméras, la réponse est claire : ce n'est pas l'orientation de la municipalité, qui a décidé de suspendre le projet en attendant le lancement de comités citoyens à partir de septembre, à la fois pour des raisons financières, la commune étant très contrainte, et parce que le projet hérité devait de toute façon être retravaillé, certaines implantations posant problème et les coûts de fonctionnement annuels étant loin d'être négligeables.
Notre regard. Nous saluons sincèrement la réactivité des agents et des élus, le travail avec la gendarmerie et l'identification des auteurs : ce sont de bonnes nouvelles, et nous le disons. Sur les caméras, nous ne sommes pas dogmatiques. Nous avons toujours défendu la vidéoprotection associée à une présence humaine, avec une police municipale, et nous l'avons dit ici même : une caméra n'est ni l'alpha ni l'oméga. Un vrai débat est donc légitime, et la contrainte financière est réelle, nous l'avons nous-mêmes documentée.
Restent deux points de vigilance. Le premier tient à la transparence. Le budget 2026 affiche pourtant 60 000 € pour ces caméras, alors que le projet est en réalité suspendu. Les Fayens ont besoin de savoir clairement ce qu'il advient de cette ligne : sera-t-elle redéployée, maintenue en attente, ou abandonnée ? Le second tient au calendrier. Presque tout est renvoyé aux comités citoyens de septembre, qui ont déjà pris du retard, tandis que les incivilités, elles, n'attendent pas. Nous serons attentifs à ce que cette méthode débouche sur des décisions concrètes, et ne devienne pas une façon de repousser. En attendant l'automne, la prévention et la présence de la gendarmerie doivent rester à la hauteur.
Carrefour de l'église : un devis demandé, le reste suspendu au Département
Nous avons demandé une mesure de visibilité immédiate, comme un miroir sur l'église, la reprise du marquage du stop aujourd'hui presque effacé, et si le sujet des routes avait été abordé avec le président du Département, Michel Ménard, reçu à Fay quelques jours plus tôt.
La majorité a indiqué avoir demandé un devis à ses services pour repeindre les lignes de stop et les passages piétons, et vouloir en profiter pour réexaminer l'emplacement et la taille de ces passages. Elle a précisé la répartition des rôles : le marquage revient à la commune, le Département assurant l'entretien de la chaussée. La question méritait précisément d'être clarifiée, et c'était l'un des objectifs de notre intervention. Le sujet des routes départementales a par ailleurs bien été évoqué avec Michel Ménard, mais aucun dossier d'entretien n'était ouvert côté Département : le processus va être lancé, sans calendrier garanti, la situation financière du Département étant elle aussi très difficile. La refonte plus globale de la circulation dans le bourg est, là encore, renvoyée aux comités citoyens.
Notre regard. Il y a un résultat concret : un devis a été demandé pour reprendre le marquage. Le sujet avance, et nous nous en réjouissons, car notre question y a contribué. Nous suivrons que ce devis se transforme en travaux, et que la part qui relève de la commune soit traitée vite, si possible avant la rentrée, sans attendre le Département. En revanche, notre proposition de miroir, immédiate et peu coûteuse, sur un bâtiment communal, n'a pas reçu de réponse : nous la reposerons, car elle peut améliorer la visibilité dès maintenant. Enfin, si le sujet a bien été porté auprès du Département, l'absence de dossier ouvert et les finances départementales annoncent une longue attente. Raison de plus pour que la commune fasse d'abord ce qui dépend d'elle.
Nous continuerons de documenter, de poser les questions et de rendre compte aux Fayens, simplement et honnêtement. Nous serons au rendez-vous des comités citoyens de septembre, et attentifs à ce que les intentions se transforment en actes : le marquage repris, le miroir étudié, et une position claire sur les caméras.
La question écrite adressée à la mairie, dans son intégralité
Objet : Question de Nouveau Cap pour Fay-de-Bretagne, conseil municipal du 17 juin 2026
Madame la Maire,
Nous souhaitons inscrire la question suivante à l'ordre du jour du conseil du 17 juin. Elle porte sur deux sujets de sécurité du quotidien.
1. Dégradations, incivilités et tranquillité publique : quelle stratégie ?
Nous partageons tous le même attachement à la tranquillité publique et au respect des biens communs, et nous saluons la condamnation de ces actes par la municipalité, le dépôt de plainte et la mobilisation des agents pour remettre en état.
Dans la nuit du 6 au 7 juin, les dégradations ont été nombreuses et étendues, des abords du Crédit Agricole jusqu'aux écoles. Le car scolaire de la ligne 30, stationné devant l'école privée Saint-Martin, a eu le pare-brise tagué, les plaques d'immatriculation arrachées et les phares abîmés. Des tags ont également visé l'école publique (murs, cour, parking), le bâtiment du terrain de pétanque, le skatepark, le local Fay Sport Nature, l'abri de l'aire de covoiturage, le local des infirmières, plusieurs façades, des volets roulants de particuliers, des boîtes aux lettres et au moins un véhicule. La municipalité fait par ailleurs état d'une agression.
La mise hors d'usage du car scolaire a fait légitimement craindre aux familles pour le transport de leurs enfants : ce ne sont plus seulement des biens dégradés, c'est le quotidien des Fayens qui est touché.
Des croix gammées ont par ailleurs été taguées et photographiées par plusieurs habitants. Il ne s'agit pas là d'une incivilité ordinaire comme la commune a pu en connaître : ce symbole marque un cap. Il se passe de tout commentaire et constitue une atteinte intolérable à notre histoire et à nos valeurs, que nous condamnons fermement et sans la moindre réserve. Il appartiendra à la justice d'en identifier les auteurs et de qualifier ces faits.
Ces faits ne sont pas isolés, et nourrissent à juste titre l'exaspération des habitants. Les cars scolaires, en particulier, sont visés de façon répétée : en novembre dernier, les vitres de trois d'entre eux avaient été brisées, comme celles de huit abribus et de plusieurs voitures, et leurs réservoirs de carburant ont été siphonnés à plusieurs reprises ces derniers mois. S'y ajoutent des rodéos urbains, de jour comme de nuit, sources de danger et de nuisances, et des boîtes aux lettres dégradées à répétition. Des habitants rappellent enfin avoir alerté la commune il y a plusieurs années sur la sécurité, en s'entendant répondre qu'un projet de caméras était en cours. La municipalité l'a justement souligné : chaque euro consacré à réparer ces dégradations est un euro qui n'est pas investi ailleurs.
Sur la vidéoprotection, nous voulons être lucides. Nous l'avons défendue pendant la campagne et nous continuons de la soutenir, mais nous savons qu'une caméra ne dissuade pleinement que si elle est sérieusement exploitée, et qu'elle ne remplace ni la prévention, ni le lien avec la gendarmerie. Notre question n'est donc pas seulement technique, elle est stratégique. Le programme est par ailleurs déjà voté : inscrit en autorisation de programme depuis le 2 mars 2023 (délibération 2023-16) pour 90 000 €, avec 60 000 € de crédits reconduits au budget primitif 2026 et un cofinancement de la communauté de communes.
Nos questions :
- Où en est le calendrier d'installation des caméras, quels sites ont été retenus et selon quels critères ?
- Les 60 000 € inscrits au budget 2026 seront-ils engagés cette année, et à quelle échéance la mise en service est-elle prévue ?
- Au-delà des caméras, quelle stratégie d'ensemble de prévention et de tranquillité la commune entend-elle mettre en œuvre (éclairage, coordination avec la gendarmerie, actions de prévention), afin que ces crédits s'inscrivent dans un plan cohérent et pas seulement dans une ligne budgétaire ?
- Quelles démarches sont engagées, avec la gendarmerie, pour faire cesser les rodéos urbains signalés par les riverains ?
2. Carrefour de l'église Saint-Martin (rue Georges Sicard / rue Jean Fourage, RD15 / RD16)
La sécurité routière dans le bourg, en particulier aux abords des écoles, est une préoccupation que nous portons depuis la campagne. Plusieurs habitants ont de nouveau signalé la dangerosité du stop situé au niveau de l'église, au croisement de la RD15 et de la RD16, faute de visibilité sur les véhicules arrivant côté Bouvron.
Pour mémoire, les mesures de police (stop, passage piéton, vitesse) relèvent du maire, y compris sur route départementale en agglomération, tandis que l'entretien et le marquage relèvent du Département, propriétaire des voies.
Nos questions :
- Dans l'attente d'un traitement complet du carrefour, la commune envisagera-t-elle une mesure de visibilité immédiate et peu coûteuse, par exemple un miroir sur l'église, qui est propriété communale ? Nous l'avions proposée en campagne et nous la redéfendons.
- Le marquage au sol du stop, aujourd'hui peu lisible, sera-t-il repris, et selon quel calendrier avec le Département ?
- Une convention lie la commune et le Département sur l'entretien et le marquage de ces voies : dans ce cadre, qu'est-il prévu pour sécuriser ce carrefour, et selon quel calendrier ?
- Cette problématique a-t-elle été évoquée avec le président du Conseil départemental, Michel Ménard, lors de sa récente venue à Fay-de-Bretagne ?
Nous vous remercions de l'attention portée à ces questions et restons à votre disposition.
Pour Nouveau Cap pour Fay-de-Bretagne, Simon Marty